La seule blanche du troupeau
Au milieu de mes alpines, une petite blanche se promène toute seule. Au démarrage, les Gerfand avaient moitié Saanen, moitié Alpines : la couleur blanche est ressortie, un jour, chez elle.
Magasin à la ferme du mercredi au samedi, 9 h à 12 h et 16 h à 19 h, de fin février à fin novembre

Une chèvrerie de 80 alpines construite en quarante ans par Dominique et Babeth Gerfand, que j’ai reprise en janvier 2024.
J’ai toujours aimé les animaux, depuis toute petite. Je savais que, quoi qu’il se passe, je ferais un métier avec eux.
Après un bac scientifique, j’ai pris un BTS production animale à Saint-Paul-Trois-Châteaux, parce qu’il y avait le mot animal, tout simplement. Et c’est un stage, dans une ferme de chèvres et de brebis, qui m’a fait découvrir ma passion pour les chèvres plutôt que pour les brebis.
Je suis ensuite devenue salariée de Dominique et Babeth Gerfand, ici même. Ils cherchaient un repreneur depuis plusieurs années, l’année de la retraite approchait, et je ne suis pas du tout issue d’une famille du monde agricole. Mais l’occasion était là, et il ne fallait pas la manquer.
En janvier 2024, à 23 ans, j’ai repris le troupeau, le matériel d’élevage et la fromagerie. Dominique et Babeth habitent toujours sur place et continuent de m’aider : s’ils étaient partis, je ne me serais jamais lancée. Aujourd’hui, deux salariées et des stagiaires travaillent à mes côtés.
Vas-y, c’est maintenant ou jamais.
Ce que je me suis dit avant de reprendre la ferme
Mon nom de famille, c’est Larchevêque. Mes chèvres sont donc devenues les biquettes de l’Archevêque.
Quant au clocher du logo, c’est celui de La Garde-Adhémar. On le voit depuis les prés où elles pâturent, et il est sur presque toutes nos photos.
La ferme a changé de nom, elle a gardé son chemin. Mes chèvres sont le résultat de quarante ans de passion et de génétique patiemment construite par Dominique et Babeth.
Dominique et Babeth démarrent avec un troupeau moitié Saanen, moitié Alpines, et créent la fromagerie Gerfand.
J’entre à la ferme comme salariée et je prends peu à peu ma place, à l’élevage comme à la fromagerie.
Je reprends le troupeau et tout le matériel. Les Biquettes de l’Archevêque prennent le relais de la fromagerie Gerfand.
ici Drôme Ardèche consacre une chronique « Circuits courts » à la chèvrerie et à ses fromages.
Face au loup, Alaska, une jeune Patou, rejoint le troupeau, et nous montons une clôture de protection autour des parcs.
Une chienne Kangal de quatre ans vient prêter patte forte à Alaska.
Je rouvre le magasin repeint et remis à neuf, avec un compte fidélité, et nous obtenons le label Bienvenue à la ferme grâce au dossier monté par Antoine, notre stagiaire.
En juin 2024, ici Drôme Ardèche est venu enregistrer à la ferme.
Déjà fidèle cliente à l’époque des anciens propriétaires, la nouvelle génération assure !
Avis Google, visite de juin 2026
« Circuits courts en Drôme Ardèche », ici Drôme Ardèche, 10 juin 2024, 5 min. Lire l’article
Des alpines chamoisées, robe brune et raie noire, que j’élève avec leur caractère : câlines, curieuses, têtues. Elles sortent au pâturage l’après-midi, et ce qu’elles broutent se retrouve dans le goût du lait.
Certaines se font remarquer plus que d’autres. Athéna, par exemple, a fini par boire le biberon que je préparais pour son propre chevreau, pendant qu’Alaska lui servait de nounou.
Au milieu de mes alpines, une petite blanche se promène toute seule. Au démarrage, les Gerfand avaient moitié Saanen, moitié Alpines : la couleur blanche est ressortie, un jour, chez elle.
Chaque chèvre est suivie une par une, toute l’année.
712 kg de lait en 261 jours
Chaque chèvre du troupeau est suivie une par une, toute l’année. C’est ce qui me permet de savoir d’où vient le goût d’un fromage, et de soigner une bête avant qu’elle n’aille mal.
Le loup est présent sur la commune depuis plusieurs années, et une meute d’au moins six loups circule dans les environs. Pour continuer à sortir mes chèvres au pâturage plutôt que de les garder enfermées au foin, je me suis équipée.
Alaska, une Patou arrivée à deux mois en 2025, a grandi avec les chèvres. Sarah, une Kangal de quatre ans, est venue lui prêter patte forte fin 2025. Une chienne de protection vit avec le troupeau : elle veille, surveille et dissuade.
Si une chienne aboie pendant votre passage, pas d’inquiétude : elle fait simplement son travail de gardienne.
Le magasin ouvre à 9 h, mais notre journée commence bien avant. La voici, du lever des bêtes à la fermeture du magasin.

Je m’occupe des chèvres, des chevrettes de renouvellement et des boucs.

En salle de traite. Les jeunes chevrettes y apprennent le quai pendant l’hiver.

On démoule les fromages de la veille, on moule ceux du jour, et on retourne tout ce qui affine au séchoir.

Du mercredi au samedi, on vous fait goûter et on vous conseille.

Les chèvres sortent, gardées depuis que le loup rôde. Le pâturage est chronophage, mais il donne du lait de qualité et des goûts qui varient avec les pâtures. Le magasin rouvre de 16 h à 19 h.
Bichonner chaque jour ces petites chèvres qui le méritent amplement.
Le lait de la traite du matin devient briquettes, fonterons, crémeux, cendrés et tommes grises.
Les frais partent en vitrine le jour même. Les autres montent au séchoir, où ils prennent leur croûte et leur goût, quelques jours pour les demi-secs, trois mois pour l’Adhémarois.
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